Poulailler partagé

, par  Jonathan Vidal

L’intérêt d’un poulailler partagé est, on l’aura compris, la possibilité d’avoir de bons œufs frais. Mais si c’était là sa seule particularité il n’aurait pas été utile d’en faire tout un article.

En effet, son intérêt dépasse le seul aspect économique et gustatif. Le terrain - prêté gracieusement par la mairie – servait déjà de poulailler. Or, il n’avait plus fonctionné depuis plus d’une vingtaine d’années. Les restanques se transformaient en friche et le petit cabanon/poulailler commençait à tomber en ruine. Les Trésors de Tourves ont restauré le bâti et en défrichant ont redonné vie aux anciennes restanques en leur rendant leur fonction nourricière (plantation de blé ancien pour les poules ou taille des oliviers pour l’auto consommation sous les conseils avisés de l’ancien jardinier des Jardins Partagés de Tourves).

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La gestion de ce poulailler permet également de réacquérir un savoir-faire lié à l’élevage des poules et à l’autonomie que les modes de vie de plus en plus citadins tendent à faire disparaître.

En plus de l’intérêt patrimonial du poulailler, nous pouvons aborder la question du bien-être animal. En effet, loin de la surface dont bénéficient les poules élevées en « batterie » (une cage de la taille d’une feuille A4 ! ) le poulailler, de plus de 500m² pour 15 poules, dépasse largement les normes imposées pour le « plein air » ou même le BIO.

Cet aspect a également eu une conséquence inattendue : au lieu de consommer environ 200g/jour de grain, nos poules en consomment 10 fois moins ! Elles préfèrent se nourrir d’herbe, d’araignées, de moucherons ou de moustiques dont la présence est permise par la grande surface de sol enherbé. Un gain économique non négligeable. Les quelques grains achetés que les poules daignent manger proviennent d’un producteur BIO de la commune réduisant ainsi fortement l’impact environnemental.
Nous avons mis d’ailleurs un sceau en fer où tout le monde peut venir librement y déposer épluchures et pain dur réduisant ainsi la production de déchets de la commune (une poule peut manger jusqu’à 150 kg de déchets ménagers par an !).

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La dernière spécificité de ce poulailler réside dans le fait d’être collectif. Chacune des 7 familles concernées vient une fois par semaine ouvrir, nourrir et fermer les poules. La famille en profite alors pour ramasser tous les œufs du jour (soit une moyenne sur l’année de 6 œufs par semaine). Cette organisation permet un gain de temps énorme. Au lieu de devoir s’occuper chaque jour de son poulailler individuel, il suffit de ne le faire plus qu’une fois par semaine.

La construction du poulailler (réalisés entièrement en matériaux de récupération) ou la fauche de l’herbe (pour servir de paille) a été l’occasion de chantiers collectifs et conviviaux parfois clôturés par des pique-niques permettant ainsi de recréer du lien social.

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Ainsi, loin d’appauvrir, la solidarité et le partage (que ce soit avec les animaux ou avec les personnes) permet de s’enrichir. On s’enrichit certes économiquement grâce aux œufs et à la très faible consommation des grains achetés. Mais aussi et surtout on augmente son autonomie et son temps libre grâce au partage des corvées et de ses savoirs-faire. On améliore son cadre de vie grâce à la restauration du patrimoine local ou en réduisant ses déchets. Enfin, on accroît son bien-être en amplifiant ses relations sociales.

En espérant que ce poulailler partagé donne l’envie à d’autres, de créer d’autres projets collectifs sur la commune ou ailleurs.

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